10 Oct 2017 - A lire    Pas de Commentaire

La foi qui reste

de Jean-Claude Guillebaud
Editions l’Iconoclaste, 2017.

Journaliste, grand reporter, essayiste, délicieux éditorialiste (l’Obs) Jean-Claude Guillebaud nous livre ses réflexions sur le monde qui va, sur l’envahissement des médias par la pitrerie et la raillerie, sur l’évolution du christianisme vers une « médiocrité » décevante, sur l’appauvrissement de la démocratie et les dangers de la déliaison … MAIS il reste « l’extraordinaire pertinence du message évangélique » (p.212), la joie de vivre, l’espoir et « l’esprit d’enfance ».

«  Un vieux monde est derrière nous, à tout jamais, et le monde en train de naître est tellement « autre » qu’il nous affole. Aimer les commencements implique une confiance minimale, une espérance, une acceptation du nouveau » p.223

«  Notre condition humaine se transforme de façon irrésistible, et avec elle notre conscience. Ce commencement intégral concerne aussi la spiritualité, c’est-à-dire notre foi. Ce passage est forcément venteux, orageux, agité, inquiétant. Toutes les haines, les refus barricadés et les violences de l’époque s’abreuvent à cette crainte du passage. Il s’agit de conjurer nos peurs, d’accepter cet autre monde en train de naître. » p. 224

Parmi les raisons d’espérer en l’avenir «  il suffit de regarder autour de soi et d’écouter tous ces murmures de vie, de projets, d’inventions. J’ai l’impression que tout cela fabrique une immense rumeur où se mêlent protestations résolues et éclats de rire. » p.157

«  Les défricheurs du Nouveau Monde sont comme les Lilliputiens confrontés aux géants dans Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift. Ils sont plus minuscules que la moitié d’un petit doigt du géant, mais leur nombre et leur ingéniosité font la différence. Les Lilliputiens d’aujourd’hui, ce sont les innombrables animateurs et animatrices d’ONG, de clubs, de fermes bio, d’élevages fermiers, de rencontres internationales, etc. Quant aux géants, ce sont les multinationales, les grands syndicats, les partis politiques traditionnels. La différence des forces fait sourire les « réalistes ». C’est bien imprudent de leur part. A quelques décennies de distance on constate qu’à long terme les Lilliputiens l’emportent presque toujours sur les géants. » p. 162

Dans une langue lumineuse, Jean-Claude Guillebaud nous éclaire, nous fait partager avec simplicité et honnêteté son parcours et ses interrogations et nous transmet sa joie de vivre et de penser.

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